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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:35

 

Se nourrir de lectures aussi, et tomber sur ces perles, ou plutôt ces truffes.Truffes qui poussent en terre comme ces plus modestes pommes transformées en diamant littéraire par deux femmes de lettres .

Colette , dans son recueil posthume, «paysages et portraits».Tout est compris, tout est dit, et l’eau vient à la bouche en le lisant. 

«Je suis née dans une province où l’on mangeait bien sans même se douter que l’on était gourmand. Chaque foyer, aisé ou pauvre, pratiquait dans mon village natal une gastronomie qui s’ignorait, la vraie gastronomie, celle qui sait tirer, de tout produit modeste, le meilleur parti. Le légume d’hiver, la pomme de terre, se faisait friandise, parce qu’elle cuisait au sein d’une cendre tamisée et brûlante, qui ne quittait pas un chaudron de fonte noire. Les tubercules sortaient de là, blanc comme neige, farineux, et nous les mangions en guise de goûter, poudrés de sel, creusés, et, dans la cavité, nous enfouissions de petits dés de beurre, tout frais et tout froids. «Ce n’est pas de la cuisine!» me dites-vous avec dédain. Je vous demande bien pardon. C’est le commencement de la cuisine... A une bonne école classique, j’ai appris autrefois que la cuisine se fait, au début, avec rien. Le feu, le sel, l’instinct divinateur d’une juste durée de cuisson.»


Marie Rouanet dans son «petit traité romanesque de cuisine». De la Bourgogne au Bitterois, la même fascination pour la modeste pomme de terre .
«.. elle révèle, quand on la coupe, une étoile à cinq branches -, nourriture merveilleuse de la tradition celtique, puisque celui qui  goûterait n’avait plus  ni faim ni soif.
Passée dans l’usage, la pomme de terre devint indispensable, véritablement magique...Pour le plus simple, la plus primitive des préparations, nous disions : en robe de chambre au lieu de robe des champs, car le moelleux de la pomme de terre évoquait bien le lit. Ma mère les mettait, bien lavées, dans le four de la cuisinière, et je mangeais tout, même la peau brune, car contre cette peau il y avait du gratiné. Je me souviens du moment où d’un coup de couteau je la fendais en deux, une fumée brûlante s’échappait d’elle. Je salais. Je mangeais d’abord deux cuillerées puisées, telles quelles, au centre pour libérer l’espace du beurre. Puis je l’y posais et il fondait, prenait la consistance de l’huile. Repas de roi.»

Une rustique pomme de terre peut renfermer autant de souvenirs qu’une délicate madeleine.

http://www.reluctantgourmet.com/images/baked_potato.jpg

Recette si merveilleusement simple qu’elle est oubliée dans les livres.


Préchauffer le four th6.
Rincer des pommes de terre à four (binje, BF15) de taille moyenne - grosses
Envelopper chacune d’elle dans du papier aluminium
Cuire 1 heure, piquer pour vérifier la cuisson.
Si la chair cède sans résistance, c’est cuit.

Encore plus délicieuse sous la cendre, elle offre en plus l'occasion d'affuter son instinct divinateur d’une juste durée de cuisson.

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Published by C10VIN - dans Billet d'humeur
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